La grenouille et … l’homme!

ou la fable de l’ARC réflexe

Malgré des signaux alarmants: pollution, effondrement de la biodiversité, réchauffement climatique… nous poursuivons notre course folle au progrès et à la croissance. Comment expliquer cela? La fable de la grenouille est parlante!

D’aussi loin que je me souvienne…Il me semble toujours, plus ou moins, avoir vécu avec une conscience écologique.En effet, c’est dans les années 70, alors que j’avais une dizaine d’années, que le premier choc pétrolier a envahi notre quotidien.

Dans les années 1970, le petit personnage du gaspi animait les premiers spots télévisé contre le gaspillage
Les gaspi de mon enfance!

La télévision, nouvelle venue dans la famille, nous serinait les slogans tels « chasse au gaspi ». « on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Ces spots répétitifs, je me souviens, avaient généré, pour moi, des débuts de doute dans la toute puissance de notre société et, couvert de quelques nuages d’inquiétude les perspectives d’avenir. Je me rappelle avoir pensé, « des enfants… pour leur offrir quel monde? ».

https://www.ina.fr/video/2681324001010

Et aujourd’hui?

Le temps a passé, j’ai l’impression aujourd’hui de me réveiller après une parenthèse de plus ou moins 25 ans. Nous avons élevé 3 enfants. Comment, de cette période d’incertitude de l’adolescence, nous sommes passés, jeune couple, à une abstraction complète du sujet, durant la période d’éducation de nos enfants.

Enfin, pas tout à fait quand même, car nous avons toujours essayé de leur inculquer le plaisir de la proximité avec la nature, le gout des choses simples et le plus grand respect pour notre environnement. Mais nous avons aussi trouvé très pratiques ces petits gouters à emballages individuels pour mettre dans les cartables, eu du plaisir à offrir à nos enfants ces ludiques compotes à sucer, et, bien sur, également les pailles des gouters d’anniversaires, les boites repas avec cadeaux des fast food….

On a essayé tout ce qu’aujourd’hui on juge néfaste pour notre environnement, voire notre santé.

C’est vrai que, dans le même temps, on installait des doubles vitrages à la maison et des pots catalytiques sur la voiture. On instaurait le tri des déchets et notre bac à compost.

Mais au fur et à mesure qu’un pas était fait dans le sens de la protection de l’environnement, notre consommation avançait exponentiellement dans l’autre sens. Il faut le reconnaitre la balance restait inégale et notre empreinte carbone n’a fait qu’augmenter. Mais les progrès technologiques nous donnait peut être l’illusion de garder une certaine maitrise?

Impossible de ne plus voir

Or, on le constate aujourd’hui avec horreur, l’enlèvement des ordures est bien organisé dans notre pays et nos méfaits restent loin de nos yeux. Cependant, c’est dans les océans, que les reportages nous amènent à voir les amoncellements des déchets de nos consommations, dans les décharges du Pakistan ou l’on désosse nos navires, en Afrique ou des enfants travaillent à récupérer les métaux précieux de nos téléphones jugés obsolètes

Aujourd'hui les déchets sont rapidement éloignés des lieux de consommation et de vie. Traités ( ou pas) même parfois dans des pays lointains, ceci nous permet de poursuivre sans nous questionner notre mode de vie consommateur
Loin de nos yeux, déchets que je ne saurais voir…pour mieux continuer à consommer!

Alors que s’affichent ces dégâts, que l’océan de plastique fait la une de magazine télé, je réalise les inquiétudes sur l’avenir de notre société thermo-industrielle ne sont pas une découverte récente.

En effet dès 1968, le club de Rome, émanation de l’OCDE ( organisation de coopération et de développement économique) composé d’hommes d’affaires et de scientifiques commande un rapport à des chercheurs de la célèbre université du Massachusetts, le MIT. Pressentant la crise naissante, ces hommes inspirés découvrent dans ce rapport confirmation de leurs inquiétudes. Connu sous le nom de rapport « Meadows », nom d’un des protagoniste du rapport, le titre de cette recherche s’intitule plus explicitement « Les limites à la croissance ».

Tous les scénarios évoqués dans ce rapport mettent en avant les dangers de la croissance démographique et économique pour la santé de la planète.

En 1972, j’avais onze ans. Je ne rappelle rien de tout cela. Meadows, Club de Rome, les limites à la croissance, ces actualités de mon adolescence sont en fait une découverte de ma ménopause!

de la science ou de la fable?…. de la grenouille et de l’arc réflexe

En poursuivant mes lectures, j’ai découvert une histoire que j’ai d’abord prise pour une loi de la science, et dont la conclusion illustrait ce qu’il m’a semblé vivre. Je la livre à votre réflexion ici.

Dans la deuxième moitié du 19me siècle les grenouilles ont été largement étudiées et soumises à diverses tortures aux fins d’étudier la transmission nerveuse.

Ainsi en 1897, Edward Scripture de l’institut John Hopkins aux Etats Unis concluait de son expérimentation qu’une grenouille déposée dans une eau froide que l’on monte doucement en température, subira sans s’échapper ce changement, jusqu’à mourir ébouillantée. A l’opposé si on la plonge dans une eau bouillante, elle aura bien un réflexe de fuite.

Comme la grenouille se laisse endormir doucement dans l'eau qui se réchauffe, l'homme dans son confort ne modifie pas ses habitudes malgré les risques d'effondrement
Tout le confort dans cette tasse qui, doucement, monte en température!

La conclusion de cette expérience fut depuis démentie, cependant l’histoire la garda sous forme de légende. Cette fable illustrant parfaitement des mécanismes psychologiques d’habituation, d’adaptation, qui sont observés chez… l’homme?!

Si Jean de la Fontaine a souvent utilisé les animaux pour parler des comportements humains, les scientifiques ont ils voulu, à leur façon, confirmer des observations courantes chez leur congénère, par des méthodes objectives? Cependant la méthodologie, remise en cause, l’histoire resta dans les mémoires, tant, peut être, elle est proche d’un certain ressenti?

En effet, je ne me sens pas loin des fois de cette grenouille,

qui évite au maximum de prendre sa voiture… sauf quand il pleut, bien sur…

qui ne prend jamais de verre jetable, sauf quand on est 50 ou que ma collègue m’invite à la machine à café…. Sauf?

C’est bien la question: sauf ou sauve? Sauve qui peut …d’ailleurs?

2 réflexions sur “ La grenouille et … l’homme! ”

  • 5 novembre 2019 à 21 h 14 min
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    Un plaisir de te relire !

    L’article était très plaisant à lire, malgré son sujet sérieux et pleins de questions.

    J’ai même appris des choses : cette histoire de grenouilles, certes fausses mais qui fait bien écho à la réalité.

    Ça fait toujours du bien de se reposer quelques questions sur nos habitudes de consommation 🙂

    Réponse
    • 6 novembre 2019 à 22 h 54 min
      Permalink

      On connaissait déjà la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf… mais aujourd’hui on pourrait raconter la fable de l’homme qui s’est endormi dans la casserole …comme la grenouille! Merci à ma plus fidèle lectrice

      Réponse

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