Au rythme de mes pas

Aujourd’hui il a neigé. La route est glissante. Je rentre à pied.

3kilomètres d’une montée, qui quitte la ville et serpente le long de la colline, pour rejoindre la maison.

J’aime ce moment. La nuit tombe, un léger vent souffle, les étoiles brillent et la lune éclaire encore quelques nuages , fins filets de coton dans le ciel sombre.

Le soir sous la neige
Le soir sous la neige

La brise agite des bambous qui bordent la route. Leur ombre, projetée par un lampadaire, danse sur la neige blanche du bord de route.

Peu à peu je grimpe et la vue s’ouvre sur les lumières de la ville plus bas. J’entends les bruits de la ville qui montent, l’activité humaine… ces hommes qui, à cette heure, se pressent en voiture jusqu’à leurs maisons.

Au rythme de mes pas, mes pensées filent aussi. Je me sens bien. Marcher est apaisant. Le ballant du corps, la ponctuation du pas… une forme de bercement, un moment de lâcher prise à la fin de la journée de travail.

Je pense que j’ai les changements réalisés ces derniers temps dans mon parcours professionnel ont été un souffle bénéfique. Ce soir, je me sens en cohérence. Heureuse d’avoir au cours de ma journée de travail pu comprendre de nouvelles choses, résoudre certains problèmes, apporter des conseils et un peu d’écoute.

Mes pensées reviennent vers ces périodes difficiles durant lesquelles je me sentais en conflit intérieur. Je partais au travail les épaules lourdes et je n’arrivais pas à en revenir, je mangeais, je dormais avec mon travail…

Je ne saurais pas détailler comment le cheminement s’est précisément fait. Mais dans cet instant de marche et de lâcher prise je ressens que mon esprit chemine aussi. Il n’y a pas toujours des mots mais des émotions, un espèce de brouillard, un bouillonnement de pensées qui paraissent désorganisées. Au final, je ressens en cet instant que, sans que j’y mette une logique, une volonté constructive, ces temps de « tête libre » sont en fait des moments ou de grandes avancées peuvent se produire. Comme si ces moments me mettaient en relation avec une certaine profondeur obscure au fond de moi, mais un endroit ou existe en même temps une grande lucidité sur ce qui est bon pour moi.

Ainsi, peut être faut il s’autoriser un peu plus d’espaces de liberté pour nos pensées, trop souvent contraintes par la gestion du quotidien. Rêver sous un pommier a selon la légende permis à Newton de comprendre les lois de la gravité. Sans aller jusque là, de mon coté, je ressens comme essentiel dans certaines prises de décisions, ou pour trouver de bonnes idées ou une solution à un problème qui m’embête, d’avoir des temps de respiration en pleine nature. Le chemin de la maison peut parfois me suffire… si je le parcours au rythme de mes pas!

Pas dans la neige
Pas dans la neige
De fil en aiguille, respect pour les petites mains

De fil en aiguille, respect pour les petites mains

C’est l’hiver et mon jardin attend bien sage sous ses cartons l’explosion du printemps. Alors les soirées sont l’occasion de lectures, de farfouilles internet… et ma nouvelle activité; le tri et la gestion de mon vestiaire!

J’ai découvert grâce à ma collègue de formation Virginie Vinted!

https://www.vinted.fr/

J’ai donc passé quelques soirées à faire le mannequin, me prendre en photo avec le blouson dont ma fille est lassée, avec la petite robe que je n’ose plus porter (plus de mon age?) mais que je trouve pourtant encore très belle!

J’ai fait mon petit catalogue, espérant que ces vêtements laissés à l’abandon sur mes étagères feraient plaisir à quelqu’un, qui les ferait vivre encore un peu. J’ai fait quelques paquets, que j’ai mis à la poste avec une petite carte pour 5 à 10 euros. J’étais contente de les transmettre à une personne qui les attendait, plutôt que de les déposer dans une benne anonyme…

Et j’ai fait aussi quelques achats; un beau manteau avec encore son étiquette. Un acheteuse pressée qui n’avait pas essayé?

En fait, j’ai un peu de peine de voir les étalages de petit prix et de penser aux salaires de ceux qui ont travaillé sur ce qui nous habille, dans les ateliers du bout du monde bien souvent, mal payés et dans de mauvaises conditions…

Au fil de mes lectures, je vous fais part de quelques trouvailles, nouvelles tendances, qui ont attiré mon attention.

A Londres se développe un mouvement d’opposition à la consommation effrénée dans la mode; on la baptise la slow fashion. Pour découvrir ces militantes, avant de prendre le tunnel; voici ce petit article.

https://www.wedemain.fr/Les-soldes-Out–Rencontre-avec-les-militantes-londoniennes-de-la-slow-fashion_a3132.html

Autre chose encore; une application qui permet d’aider à sélectionner les marques de vêtements responsables. Je n’ai trouvé qu’une version anglaise… se laisserait on doubler?

http://notmystyle.org/ratings.html

Le livre du train

lecture-train
en train… de lire!

Bientôt je reprendrai le train pour aller travailler! J’en suis impatiente pour retrouver le temps et le plaisir de la lecture.

En octobre, lors de 6 semaines de stage, c’était le moyen de transport le plus adapté à mon nouveau trajet et il m’a permis de dévorer 3 livres.

Une de ces lectures a été un rendez vous particulièrement attendu et une motivation à sortir à l’heure le soir! Je me suis en effet laissée prendre par la légère histoire de Lori Nelson Spielman « demain est un autre jour ».

Sur ce, j’ai fait des recherches pour savoir qui était cette auteure… et j’ai trouvé un blog qui m’aidera pour choisir mes prochaines lectures!

Chouette de rencontrer des gens qui ont la même passion et qui aiment la partager. Voici le lien vers le blog d’Emilie! Merci à toi…

http://www.labookista.com/demain-autre-jour-lori-nelson-spielman-ed-pocket/

Quant à l’ouvrage « demain est un autre jour »; il se lit comme un roman (qu’il est), riche en suspens, rebondissements, et bien sur, un peu de romantisme. Mais il peut être aussi entendu comme un guide de développement personnel, sans toutefois avoir l’aspect rébarbatif d’une méthode…

Pour finir ce tout petit post je vous partage, par exemple, un des défis lancé au personnage principal du roman. Je le garde dans un coin de ma tête et envisage de me l’approprier; un peu? beaucoup? passionnément?

« faire chaque jour quelque chose qui nous fait peur »…?

et si c’était une bonne idée? qu’est ce que je prévois demain?

 

Tabou ou arme secrète; l’usage du mot démence?

Ce soir je suis chamboulée.

Inquiète des troubles qui s’aggravent pour mon papa, j’ai appelé son médecin pour solliciter un bilan et des aides pour l’aménagement de la vie quotidienne et la prévention de l’aggravation de son état.

Alors que la secrétaire, très aimable, à qui je demandais si cela ne dérangerait pas, m’a passé l’appel sans problème, j’ai eu clairement l’impression de déranger le médecin.

Rien de ce que j’évoquais ne semblait l’alerter, il s’attendait bien à tout cela puisque finalement me lâchait t-il  » on le sait votre papa a une démence vasculaire ».

En tant que soignante, son affirmation ne m’a pas choquée puisque je savais bien lire le résultat du scanner et de l’IRM et pourtant en tant qu’enfant ce mot m’a fait violence. C’était la première fois qu’on l’utilisait pour mon papa.

Puis de poursuivre  » je suis désolé mais là j’ai beaucoup de grippes qui attendent »

Pourquoi le médecin nous a laissé seul avec ces résultats de scanner et IRM? Le compte rendu mentionnait leucopathie. Jamais un entretien avec la famille n’avait eu lieu pour accompagner ce diagnostic. Nous avions bataillé pour faire prendre conscience à mon papa des dangers de la conduite et finalement solliciter le médecin pour qu’il intervienne sur ce sujet. Ma maman n’a jamais été mise au courant des risques liés à l’évolution de cette maladie. Ils s’acharnaient à vouloir rester dans leur grande maison avec les 21 marches tournantes et glissantes. A aucun moment le médecin ne s’est inquiété de ce qui pouvait être fait pour prévenir les risques liés aux pertes d’équilibre, troubles de mémoire, de la continence… dans cet environnement non adapté. Mes parents n’avaient pas la mesure de l’évolution possible.

Aujourd’hui que je téléphonais, probablement lors d’une journée surchargée, le médecin me répondait désinvolte  » c’est sa démence »

J’avais l’impression que je n’avais qu’à l’accepter comme une fatalité, à le recevoir comme une punition, à l’entendre comme une fin de la communication… « Nous n’avons plus rien à nous dire »

Peut être que je suis dans l’interprétation, touchée par cette situation personnelle? Alors je me questionne et essaie de me souvenir de l’usage que je faisais de ce mot de démence en étant professionnelle?

Ici je ressens que ne pas dire le mot démence, l’ignorer; c’est ne pas faire de vagues. Quand l’IRM mentionne leucopathie, bon! ça ne dit pas grand chose, on l’entend, ça nous dépasse. Pas d’ordonnances, pas d’examens ensuite… il n’y a surement rien de spécial à faire?

Prononcer le mot, ce jour là, je l’ai vécu comme claquer une porte. « L’essentiel est dit, la messe est dite. Laisser moi tranquille. » Une arme secrète pour susciter la sidération et faire taire le protagoniste?

Cela me renvoie aussi un petit fond de honte et je me rend compte comme le sens commun des mots pèse lourd.

A cette heure, je laisse tout cela décanter car peut être encore trop dans l’émotion pour une analyse objective. Je pose cependant cela sur mon journal, pour m’en soulager. Je reviendrai le lire avec du recul dans quelques temps.

 

 

 

Merci pour votre confiance!

Cette fin d’année est une belle période pour moi.

réussite_joie_confiance
Merci pour votre confiance!

Après un engagement en formation à la recherche d’une évolution professionnelle je viens de réussir mon titre professionnel de technicien supérieur en support informatique. Beau cadeau d’un parcours de 9 mois reliant Pâques à Noël; quel symbole!

Dans ce petit post je voudrais rendre compte de combien, les soutiens que j’ai reçus, ont part dans cette réussite.

En effet, le premier qui a cru en mon projet c’est le responsable de l’ANFH, organisme de formation, a qui j’ai soumis ce projet. Enthousiaste, il m’a proposé son soutien, encouragé et conseillé. Son aide dans la constitution de mon dossier m’a permis le 17 février d’obtenir l’accord de financement.

Ensuite en formation, novice arrivée dans un groupe de 16 étudiants déjà un peu initiés, j’ai mis à l’épreuve la patience du formateur, qui ne s’est jamais lassé de répéter et reformuler. Plus sûr de ma réussite que moi même avant les épreuves finales, sa confiance m’était acquise.

Je rajouterai le jury de mon épreuve finale, mon prof d’aïkido et ….mon plus grand soutien ; mon mari!

 

Lors de ce parcours de formation, j’ai vécu avec amusement certains retournements de situation. Ainsi mes enfants, qui me demandaient mes notes, m’ont renvoyé un peu en miroir la période de leur accompagnement scolaire. Certaines réflexions, entre autre autour de la confiance, ont germées en moi et je vous les partage ci dessous.

Je soulignerai comme le regard de l’autre est important pour la construction de sa propre confiance en soi!

Ainsi après ce passage j’ai envie de dire aux pédagogues, aux parents … regardez vos enfants avec confiance est essentiel pour les soutenir et construire leur confiance en eux. C’est le plus grand service que l’on peut leur offrir.

Facile à dire; me direz vous! 2 travers me semblent border ce chemin;

  • ne pas tomber dans la crédulité; une espèce d’admiration ébahie et inconditionnelle du parent pour son enfant n’est probablement pas adaptée non plus.
  • le « je-m’en-foutisme »; vas-y fait ce que tu veux car je te fais confiance peut aussi être traduit de « je te laisse faire » à « je m’en désintéresse »

Oui le métier d’éducateur est subtil, et complexe. Un autre impératif, dans le regard posé sur l’autre, est la sincérité.

En conclusion parce que j’ai senti votre confiance sincère; merci à ceux qui m’ont accompagné dans ce parcours de reconversion!

 

 

 

 

Musée de la viscose, Echirolles et réflexions sur le monde du travail

                « Musée de la viscose. Échirolles »

Ce bâtiment ne paye pas de mine. Il faut le trouver au détour de petits chemins entre des friches industrielles. Crée sur le site de l’usine maintenant démolie, par d’anciens viscosiers, cette petite maison était une annexe, le foyer ou quelque chose de ce genre?

Voilà longtemps que je voulais y faire une visite, avec mes parents, qui ont vu se développer la mode de la viscose, cette fibre synthétique « naturelle » .

J’ai trouvé cette visite passionnante sur plusieurs points.

Tout d’abord j’ai découvert le procédé qui, a partir du bois, permettait d’obtenir ce fil souple et brillant. Issu d’une matière noble et naturelle comme le bois, c’est néanmoins avec force de traitements chimiques dangereux pour les ouvriers que se faisait cette transformation. Les conditions de travail étaient si éprouvantes, atmosphère étouffante, chaleur, odeur… qu’il était difficile de recruter. C’est donc en faisant appel à une forte immigration que l’entreprise pu recruter son personnel. C’est en effet pas moins de 90 % de population étrangère qui constitua les équipes d’ouvriers.

Plus de 40 nationalités différentes travaillaient ainsi ensemble. Déplacer toute cette population avait cependant demandé de construire les hébergements adaptés alentours. Ainsi une cité ouvrière avait été bâtie dans la proximité de l’usine. Mais ce melting pot, ce patchwork de tant d’horizons différents avait fini par former une véritable petite société. Ainsi, autour de ses équipes de sport collectifs, ou lors des rassemblements festifs cette population déplacée, sans racines sur place, venant de Hongrie, Pologne, Italie, Roumanie…  forme une nouvelle communauté.

Il est intéressant, lors de cette visite d’observer le travail réalisé dans le cadre de la gestion des ressources humaines. Je n’ai pas trouvé de mots savants concernant le management, rien qui ne fasse penser à une élaboration scientifique d’un mode de gouvernance… Pourtant il émane de cette visite le sentiment d’un accompagnement paternaliste de la population ouvrière, qui avait abouti à un véritable esprit d’entreprise. École, centre social, église, stade et encore colonies de vacances, bibliothèque, mutuelle,société d’entraide…

De l’attachement à l’entreprise, résulte d’ailleurs ce musée, né de la volonté d’anciens ouvriers. C’est un beau témoignage!

Aujourd’hui la gestion des ressources humaines est devenue une science. Elle fait l’objet de formations avancées. Les enquêtes et rapports sur la qualité de vie au travail sont élaborés et présentés en comité hygiène et sécurité, conseils d’administration… Le dialogue social est établi en instance, légiféré. Mais je ne sais pas si nous sommes à la hauteur des défis qu’ont relevé ces chefs d’entreprise du début du 20me siècle.

Les ouvriers témoignant dans les archives ou les visites ont souvent fait leur carrière à la viscose. Aujourd’hui il est vrai que ce type de lien avec l’entreprise est révolu. La société bouge vite, les techniques et l’économie sont en perpétuelle évolution. Ainsi la période est plutôt au flexible. On peut donc comprendre qu’il sera difficile de retrouver l’esprit de corps qui a pu animer ce genre d’entreprise.

La flexibilité voulue par le législateur dans les évolutions de la loi travail rendra probablement l’entreprise plus adaptable aux évolutions nécessaires? La souplesse d’adaptation de l’entreprise sera peut être plus favorable à sa survie économique.

En favorisant la formation tout au long de la vie, l’accès au chômage de façon élargie également par exemple aux autoentrepreneurs ou agriculteurs… on peut aussi espérer que le travailleur saura mieux s’adapter aux changements sociaux et économiques.

Actuellement, cependant, l’efficacité du modèle n’est pas encore bien vérifiée. Peut être que plutôt que de se sentir flexible, l’employé peut avoir le sentiment d’être jetable? Car à l’heure ou il y a beaucoup d’affichage sur la qualité de vie au travail, on observe cependant une recrudescence de symptômes alarmants; absentéisme, burn out, voire jusqu’au suicide..

Se pencher sur l’histoire est souvent une façon intéressante de faire avancer les réflexions.

Merci au musée de la Viscose!

https://www.echirolles.fr/culture-sports-loisirs/expos-et-musees/musee-de-la-viscose

La faute à maman…………… ou faire au mieux pour l’éducation de ses enfants mais faire jamais bien!

maman canardJ’ai ressassé longtemps ces remarques que m’avait fait le pédiatre de la crèche.

Alors que j’avais souhaité tester le remplacement du lait de vache, dans l’alimentation de ma fille par du lait de soja, cet essai avait été « dénoncé » auprès du pédiatre, par la puéricultrice de la crèche. J’ai alors subi une leçon sur les risques des régimes exclusifs et les menaces de rachitisme que je faisais peser sur mon enfant.

De mon coté je trouvais difficile de voir ses petits draps tachés de sang tous les matins, son joli visage encadré de placards d’eczema sur le cou, et ses démangeaisons aux plis des bras et des genoux. J’essayais tout ce que je pouvais imaginer pour améliorer la situation, les bains de lait d’avoine, les crèmes diverses et variées, lait d’orge à boire…

Le lait de vache ayant été incriminé dans certaines études pour être en cause dans des maladies inflammatoires, je voulais tenter, au moins une dizaine de jour, de remplacer le biberon du gouter par le lait de soja. Mais dans le cadre de la crèche familiale, nos décisions s’opposent parfois à la responsabilité de la directrice de crèche. Mon initiative m’a valu d’avoir un rendez vous avec le pédiatre et une leçon de morale. En effet, au sortir de cette entrevue, j’ai retenu que mes absences longues du domicile dans la journée avec un travail à temps plein, une reprise des études et  des temps de transports importants étaient, peut être, aussi en cause dans les troubles dermatologiques de ma fille.

Et vlan, un petit coup de culpabilisation… C’est trop facile!

Je vivais cela comme injuste, blessant, venant d’un homme pour qui s’était si facile de conclure ainsi alors qu’il était impuissant à me proposer une solution.

Le psychosomatique a toujours été une bonne réponse de la médecine aux problèmes de santé insolubles. Je veux bien entendre la participation des émotions à la santé, ayant moi même fait mon mémoire de fin d’étude sur ce sujet… mais là cet  argument m’était envoyé en pleine figure et me rendait coupable des troubles de ma fille.

 

Avec le recul et mon chemin personnel, vis à vis de ma propre enfance, je me rends compte comme il est naturel de trouver , de chercher également dans son passé des arguments justifiant nos difficultés actuelles… et comme les mamans ont souvent bon dos!

« Je manque de confiance en moi car mes parents ne me félicitaient jamais » « je ne sais pas aimer car ma mère, ne me faisais jamais de câlins »… qui n’a pas entendu ou même émis ce genre de réflexion?

De passer dans la peau d’une maman, m’a permis de prendre conscience de tout le bien, à cette place, que j’ai voulu faire à mes enfants, et  de toutes les difficultés que j’ai rencontrées, des erreurs que j’ai pu faire, avec toute ma bonne volonté.

Cela m’a permis de me positionner différemment dans le jugement à mes parents.

Ainsi si des choses nous ont pesé dans notre enfance, c’est un chemin de croissance de s’en libérer. Plus personne ne nous contraint à les porter. Cela peut être confortable de trouver un coupable, mais devenir adulte c’est aussi arrêter de trouver des excuses.

Non, les mamans ne sont pas la cause de tous les maux…

 

 

réseaux sociaux; signes de socialité ou symptômes de solitude?

Notre relation à l’autre est aujourd’hui profondément modifiée par les modes de vie; familles dispersées, citées dortoirs et rurbanité…

marelle
jeux de rue…

Alors qu’enfant, j’ai grandi en jouant à l’élastique dans la rue, aujourd’hui on finit par ne plus connaitre ses voisins. Par contre nos comptes Facebook affichent des centaines d’amis. La fête des voisins est une création récente, pour réapprendre à découvrir celui qui est sur le palier d’à coté.

Peu d’enfants peuvent prendre, comme moi plus jeune , les gouters quotidiens chez papi mami… mais les cousinades reviennent en force!

Le réseau social est aujourd’hui plus actif sur la toile qu’en proximité. Au final cela me questionne. Est ce un symptôme des solitudes modernes ou un signe de nouvelles socialités?

le média dans l'échangeIl devient difficile parfois de savoir par quel canal contacter qui? Il y a les adeptes de Facebook, ceux que l’on ne rencontrera que par whatsapp et ceux qu’il faut inviter par mail.

La multiplicité des canaux de communication fait que l’on ne communique bien qu’en utilisant les mêmes outils que ceux que l’on veut contacter… Il faut donc connaitre leurs codes, leurs habitudes.

En tout cas, chacun de ces outils crée des sortes de bulles, de sous ensembles de communicants.

Ces sous ensemble se jouent des frontières. Et je trouve cela assez extraordinaire; lorsque j’imagine, par exemple, que j’ai des contacts suivis avec mes neveux des Etats Unis, ou des échanges avec ma correspondante allemande du lycée…

Par contre, ce que je crains, c’est qu’ainsi on ne communique bien qu’avec ceux avec qui on a des affinités, qu’entre milieux sociaux proches, entre convaincus des mêmes causes, entre bulles du même genre…. Au risque de ne communiquer qu’avec ceux avec qui on est d’accord?

De même, ces relations via le réseau passent par des canaux limités; écrans, écrit, images. Il y manque la proximité d’une épaule ou s’appuyer, d’un bras à tenir, ou d’un verre à partager.

Je m’inquiète, à ce jour, d’un manque d’espaces de rencontres entre milieux sociaux divers, entre origines culturelles diverses, d’une insuffisance d’occasions de rencontres conviviales et en confiance, qui permettent d’engager des débats contradictoires, dans le respect et la considération mutuelle, et ainsi contribuer à une construction de la pensée.

relation communication

Ou sont Pépone et Don Camillo? ou Joseph, le père de Marcel Pagnol et l’oncle Jules…

A moins que peut être les vestiaires d’une équipe de rugby? ou une salle de cours de formation adulte? à suivre, je cherche…

 

 

 

 

 

Communiquer sur Internet, nouvelles pratiques….connaissez vous les trollers?

Communiquer sur Internet, nouvelles pratiques….connaissez vous les trollers?

 

Seule devant ma page, je mouline mes pensées. J’aime ce temps de rencontre, avec moi même…. que j’imagine aussi avec d’autres? Un autre, qui me lit en ce moment, et que je ne connais pas. Un autre qui s’intéresse, ou qui passe à une autre page. S’il reste et me supporte c’est probablement qu’un écho se fait dans ses pensées, dans son expérience?

En même temps cet autre est là , silencieux, me laissant aller selon mon fil. C’est un espace confortable, à l’heure ou j’écris. Le média établit une distance, qui me laisse la liberté.

Cette distance fausse pourtant les relations. Je constate en effet que ce silence de l’autre, son immatérialité lorsque je m’exprime, donne parfois à observer des étonnantes exacerbations de l’expression.  Combien en effet de « je t’adore » « tu es trop belle » affichés sur Facebook, comparativement à ce que l’on se dit de vive voix. A l’inverse, les propos peuvent aussi être d’une violence telle, qu’ils ont parfois constitué des harcèlements amenant jusqu’au suicide et cela, souvent, chez de jeunes adolescents.

le troll pollue les forums internet

La bataille des mots, … une nouvelle façon de combattre? de s’affirmer, de dominer?  Peut être aussi un apprentissage à refaire à l’heure ou les codes et outils changent? Cette culture en construction est elle abordée à l’école? En tout cas moi, qui apprend Internet après avoir fini mes études, (… ou presque) je découvre tout cela!

J’ai appris qu’il y avait des jeux qui consistaient à alimenter les forums en sujets polémiques. Le trolling! Celui qui trolle peut être conscient ou non de le faire mais son intervention consiste à raviver des polémiques, dont les thèmes sont facilement sensibles. Son action engendrera immanquablement des réponses aussi vivement opposées. Je comprends mieux maintenant, la satisfaction, que certains doivent obtenir, en manipulant ainsi l’émotion et l’expression de l’autre. Ceci m’explique parfois les fils de commentaires absurdes et répétitifs sur des articles d’actualité. Je trouvais ce genre de débat stérile mais aujourd’hui , je sais que ce sont parfois des constructions volontaires qui entretiennent une fréquentations aux forums.

J’ai appris aussi que la meilleure réponse à ce genre de vomissure verbale; c’est de « plonker »… c’est à dire blacklister. Les conseils des sites spécialisés dans l’Internet, sont de ne pas nourrir les trolls! Répondre alimente son discours. Le répondant court également le risque de devenir lui même Troll.

…. Ne vous laissez plus piéger!

 

 

 

 

 

Mémoire? quand tu me fais faux bond… et si c’était le stress?

Mémoire? quand tu me fais faux bond… et si c’était le stress?

 

 

Mais ou ai-je mis mes clés?

Je suis prête à partir au boulot et il ne me manque plus que la clé pour quitter la maison…et c’est l’heure, je suis pressée!

C’est un moment de panique que, l’un ou l’autre de vous a peut être connu?

Mais voici que je les retrouve …sur la machine à laver?

Ces petits épisodes ont de quoi nous inquiéter, mes enfants, mon mari me regardent bizarrement. Après quelques récidives mes faits et gestes vont être scrutés. Les remarques se font impitoyables. « Mais maman, cela tu me l’as déjà dit… » « Ça devient grave… faut te faire soigner! »

Merci les enfants…moi aussi je suis inquiète, j’avais bien remarqué, mais votre insistance m’alerte. Je me suis donc engagée en recherche d’une confirmation médicale. Mon médecin traitant est mon premier confident sur le sujet. En me consultant, elle comprend mes inquiétudes, me confirme que c’est important d’établir un bilan objectif . Et peut être finalement, se rassurer pense t-elle… La fatigue d’une charge de travail professionnelle importante, des troubles du sommeil, des soucis personnels …peuvent aussi être en cause. Bon alors pour en avoir le cœur net, pas simple. Vers qui me tourner? un neurologue? 6 mois d’attente dans les cabinets alentours.

Une psychologue, pourquoi pas? rendez vous pris.

Je choisis de m’adresser à une professionnelle qui pratique l’hypnothérapie, en me disant que, après avoir établi un bilan, elle pourrait m’aider à la gestion du stress et au lâcher prise.

Première consultation; 2 mois plus tard, quand même. Là; déception, pas la bonne adresse pour un bilan.. il faut aller voir un neurologue, et en plus pas de possible de se poser, fermer les yeux et se réveiller avec le cerveau à l’endroit! L’hypnose…ce n’est pas accessible comme cela et c’est la psychologue qui en décidera.

Dommage… je suis déçue. Cependant, j’apprécie l’écoute et l’échange plutôt rassurant. La charge de travail professionnelle, les stress liés aux événements familiaux , peuvent être tout à fait être en cause de troubles de mémoire.

Au cours de ce rendez vous, mine de rien, les évocations s’enchainent, non la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Je prends la mesure des obstacles, contrariétés que chaque jour peut apporter.

 

Il n’est pas dans mon naturel de gémir, j’ai plutôt l’habitude de relativiser. En effet l’actualité présente des évènements tellement graves, qu’il ne me semble pas autorisé de me plaindre de mes petites misères quotidiennes. J’ai même au contraire l’impression que je dois savoir relever tout ce qui est bon dans mes journées et passer l’éponge sur le reste.

Maud , la psychologue qui m’accompagne dans ces séances, m’explique au cours de ce rendez vous le poids des processus de défense et leur influence sur la mémoire. Mettre de coté les évènements négatifs, les refouler c’est consommer de l’énergie psychique, cela engendre de la fatigue et des troubles de mémoire. Nos séances me permettront d’exprimer les difficultés traversées et au fur et à mesure déposer auprès d’elle les soucis quotidiens… Finalement, quand je fais l’inventaire, il y en avait sous le couvercle!

Quelques rendez vous m’ont permis de cheminer, faire le point et prendre des décisions importantes. J’ai pu bilanter ma mémoire, tests réussis,  finir par réaliser quelques séances d’hypnose et reprendre confiance.

A ce jour, j’ai quitté mon poste pour m’engager dans un chemin de formation ou je peux tester l’habilité retrouvée de ma mémoire, mon analyse, ma logique. C’est un plaisir de faire fonctionner jusqu’à ses limites mon cerveau!

En écrivant ces lignes j’aimerai encourager chaque personne, qui peut vivre des instants de doute, à faire le pas, pour demander de l’aide. J’avais peur de tomber dans un pathologisme et ai hésité à m’orienter vers un professionnel de santé. Comme si, demander de l’aide, était reconnaitre et faire exister une difficulté.

A ce jour je suis heureuse de la mise en garde de mon entourage qui, en tirant une sonnette d’alarme m’a permis de consulter. Non … la perte de ses clés avant de partir n’est pas toujours le début de la maladie d’Alzheimer!