Musée de la viscose, Echirolles et réflexions sur le monde du travail

                « Musée de la viscose. Échirolles »

Ce bâtiment ne paye pas de mine. Il faut le trouver au détour de petits chemins entre des friches industrielles. Crée sur le site de l’usine maintenant démolie, par d’anciens viscosiers, cette petite maison était une annexe, le foyer ou quelque chose de ce genre?

Voilà longtemps que je voulais y faire une visite, avec mes parents, qui ont vu se développer la mode de la viscose, cette fibre synthétique « naturelle » .

J’ai trouvé cette visite passionnante sur plusieurs points.

Tout d’abord j’ai découvert le procédé qui, a partir du bois, permettait d’obtenir ce fil souple et brillant. Issu d’une matière noble et naturelle comme le bois, c’est néanmoins avec force de traitements chimiques dangereux pour les ouvriers que se faisait cette transformation. Les conditions de travail étaient si éprouvantes, atmosphère étouffante, chaleur, odeur… qu’il était difficile de recruter. C’est donc en faisant appel à une forte immigration que l’entreprise pu recruter son personnel. C’est en effet pas moins de 90 % de population étrangère qui constitua les équipes d’ouvriers.

Plus de 40 nationalités différentes travaillaient ainsi ensemble. Déplacer toute cette population avait cependant demandé de construire les hébergements adaptés alentours. Ainsi une cité ouvrière avait été bâtie dans la proximité de l’usine. Mais ce melting pot, ce patchwork de tant d’horizons différents avait fini par former une véritable petite société. Ainsi, autour de ses équipes de sport collectifs, ou lors des rassemblements festifs cette population déplacée, sans racines sur place, venant de Hongrie, Pologne, Italie, Roumanie…  forme une nouvelle communauté.

Il est intéressant, lors de cette visite d’observer le travail réalisé dans le cadre de la gestion des ressources humaines. Je n’ai pas trouvé de mots savants concernant le management, rien qui ne fasse penser à une élaboration scientifique d’un mode de gouvernance… Pourtant il émane de cette visite le sentiment d’un accompagnement paternaliste de la population ouvrière, qui avait abouti à un véritable esprit d’entreprise. École, centre social, église, stade et encore colonies de vacances, bibliothèque, mutuelle,société d’entraide…

De l’attachement à l’entreprise, résulte d’ailleurs ce musée, né de la volonté d’anciens ouvriers. C’est un beau témoignage!

Aujourd’hui la gestion des ressources humaines est devenue une science. Elle fait l’objet de formations avancées. Les enquêtes et rapports sur la qualité de vie au travail sont élaborés et présentés en comité hygiène et sécurité, conseils d’administration… Le dialogue social est établi en instance, légiféré. Mais je ne sais pas si nous sommes à la hauteur des défis qu’ont relevé ces chefs d’entreprise du début du 20me siècle.

Les ouvriers témoignant dans les archives ou les visites ont souvent fait leur carrière à la viscose. Aujourd’hui il est vrai que ce type de lien avec l’entreprise est révolu. La société bouge vite, les techniques et l’économie sont en perpétuelle évolution. Ainsi la période est plutôt au flexible. On peut donc comprendre qu’il sera difficile de retrouver l’esprit de corps qui a pu animer ce genre d’entreprise.

La flexibilité voulue par le législateur dans les évolutions de la loi travail rendra probablement l’entreprise plus adaptable aux évolutions nécessaires? La souplesse d’adaptation de l’entreprise sera peut être plus favorable à sa survie économique.

En favorisant la formation tout au long de la vie, l’accès au chômage de façon élargie également par exemple aux autoentrepreneurs ou agriculteurs… on peut aussi espérer que le travailleur saura mieux s’adapter aux changements sociaux et économiques.

Actuellement, cependant, l’efficacité du modèle n’est pas encore bien vérifiée. Peut être que plutôt que de se sentir flexible, l’employé peut avoir le sentiment d’être jetable? Car à l’heure ou il y a beaucoup d’affichage sur la qualité de vie au travail, on observe cependant une recrudescence de symptômes alarmants; absentéisme, burn out, voire jusqu’au suicide..

Se pencher sur l’histoire est souvent une façon intéressante de faire avancer les réflexions.

Merci au musée de la Viscose!

https://www.echirolles.fr/culture-sports-loisirs/expos-et-musees/musee-de-la-viscose

La faute à maman…………… ou faire au mieux pour l’éducation de ses enfants mais faire jamais bien!

maman canardJ’ai ressassé longtemps ces remarques que m’avait fait le pédiatre de la crèche.

Alors que j’avais souhaité tester le remplacement du lait de vache, dans l’alimentation de ma fille par du lait de soja, cet essai avait été « dénoncé » auprès du pédiatre, par la puéricultrice de la crèche. J’ai alors subi une leçon sur les risques des régimes exclusifs et les menaces de rachitisme que je faisais peser sur mon enfant.

De mon coté je trouvais difficile de voir ses petits draps tachés de sang tous les matins, son joli visage encadré de placards d’eczema sur le cou, et ses démangeaisons aux plis des bras et des genoux. J’essayais tout ce que je pouvais imaginer pour améliorer la situation, les bains de lait d’avoine, les crèmes diverses et variées, lait d’orge à boire…

Le lait de vache ayant été incriminé dans certaines études pour être en cause dans des maladies inflammatoires, je voulais tenter, au moins une dizaine de jour, de remplacer le biberon du gouter par le lait de soja. Mais dans le cadre de la crèche familiale, nos décisions s’opposent parfois à la responsabilité de la directrice de crèche. Mon initiative m’a valu d’avoir un rendez vous avec le pédiatre et une leçon de morale. En effet, au sortir de cette entrevue, j’ai retenu que mes absences longues du domicile dans la journée avec un travail à temps plein, une reprise des études et  des temps de transports importants étaient, peut être, aussi en cause dans les troubles dermatologiques de ma fille.

Et vlan, un petit coup de culpabilisation… C’est trop facile!

Je vivais cela comme injuste, blessant, venant d’un homme pour qui s’était si facile de conclure ainsi alors qu’il était impuissant à me proposer une solution.

Le psychosomatique a toujours été une bonne réponse de la médecine aux problèmes de santé insolubles. Je veux bien entendre la participation des émotions à la santé, ayant moi même fait mon mémoire de fin d’étude sur ce sujet… mais là cet  argument m’était envoyé en pleine figure et me rendait coupable des troubles de ma fille.

 

Avec le recul et mon chemin personnel, vis à vis de ma propre enfance, je me rends compte comme il est naturel de trouver , de chercher également dans son passé des arguments justifiant nos difficultés actuelles… et comme les mamans ont souvent bon dos!

« Je manque de confiance en moi car mes parents ne me félicitaient jamais » « je ne sais pas aimer car ma mère, ne me faisais jamais de câlins »… qui n’a pas entendu ou même émis ce genre de réflexion?

De passer dans la peau d’une maman, m’a permis de prendre conscience de tout le bien, à cette place, que j’ai voulu faire à mes enfants, et  de toutes les difficultés que j’ai rencontrées, des erreurs que j’ai pu faire, avec toute ma bonne volonté.

Cela m’a permis de me positionner différemment dans le jugement à mes parents.

Ainsi si des choses nous ont pesé dans notre enfance, c’est un chemin de croissance de s’en libérer. Plus personne ne nous contraint à les porter. Cela peut être confortable de trouver un coupable, mais devenir adulte c’est aussi arrêter de trouver des excuses.

Non, les mamans ne sont pas la cause de tous les maux…

 

 

réseaux sociaux; signes de socialité ou symptômes de solitude?

Notre relation à l’autre est aujourd’hui profondément modifiée par les modes de vie; familles dispersées, citées dortoirs et rurbanité…

marelle
jeux de rue…

Alors qu’enfant, j’ai grandi en jouant à l’élastique dans la rue, aujourd’hui on finit par ne plus connaitre ses voisins. Par contre nos comptes Facebook affichent des centaines d’amis. La fête des voisins est une création récente, pour réapprendre à découvrir celui qui est sur le palier d’à coté.

Peu d’enfants peuvent prendre, comme moi plus jeune , les gouters quotidiens chez papi mami… mais les cousinades reviennent en force!

Le réseau social est aujourd’hui plus actif sur la toile qu’en proximité. Au final cela me questionne. Est ce un symptôme des solitudes modernes ou un signe de nouvelles socialités?

le média dans l'échangeIl devient difficile parfois de savoir par quel canal contacter qui? Il y a les adeptes de Facebook, ceux que l’on ne rencontrera que par whatsapp et ceux qu’il faut inviter par mail.

La multiplicité des canaux de communication fait que l’on ne communique bien qu’en utilisant les mêmes outils que ceux que l’on veut contacter… Il faut donc connaitre leurs codes, leurs habitudes.

En tout cas, chacun de ces outils crée des sortes de bulles, de sous ensembles de communicants.

Ces sous ensemble se jouent des frontières. Et je trouve cela assez extraordinaire; lorsque j’imagine, par exemple, que j’ai des contacts suivis avec mes neveux des Etats Unis, ou des échanges avec ma correspondante allemande du lycée…

Par contre, ce que je crains, c’est qu’ainsi on ne communique bien qu’avec ceux avec qui on a des affinités, qu’entre milieux sociaux proches, entre convaincus des mêmes causes, entre bulles du même genre…. Au risque de ne communiquer qu’avec ceux avec qui on est d’accord?

De même, ces relations via le réseau passent par des canaux limités; écrans, écrit, images. Il y manque la proximité d’une épaule ou s’appuyer, d’un bras à tenir, ou d’un verre à partager.

Je m’inquiète, à ce jour, d’un manque d’espaces de rencontres entre milieux sociaux divers, entre origines culturelles diverses, d’une insuffisance d’occasions de rencontres conviviales et en confiance, qui permettent d’engager des débats contradictoires, dans le respect et la considération mutuelle, et ainsi contribuer à une construction de la pensée.

relation communication

Ou sont Pépone et Don Camillo? ou Joseph, le père de Marcel Pagnol et l’oncle Jules…

A moins que peut être les vestiaires d’une équipe de rugby? ou une salle de cours de formation adulte? à suivre, je cherche…

 

 

 

 

 

Communiquer sur Internet, nouvelles pratiques….connaissez vous les trollers?

Communiquer sur Internet, nouvelles pratiques….connaissez vous les trollers?

 

Seule devant ma page, je mouline mes pensées. J’aime ce temps de rencontre, avec moi même…. que j’imagine aussi avec d’autres? Un autre, qui me lit en ce moment, et que je ne connais pas. Un autre qui s’intéresse, ou qui passe à une autre page. S’il reste et me supporte c’est probablement qu’un écho se fait dans ses pensées, dans son expérience?

En même temps cet autre est là , silencieux, me laissant aller selon mon fil. C’est un espace confortable, à l’heure ou j’écris. Le média établit une distance, qui me laisse la liberté.

Cette distance fausse pourtant les relations. Je constate en effet que ce silence de l’autre, son immatérialité lorsque je m’exprime, donne parfois à observer des étonnantes exacerbations de l’expression.  Combien en effet de « je t’adore » « tu es trop belle » affichés sur Facebook, comparativement à ce que l’on se dit de vive voix. A l’inverse, les propos peuvent aussi être d’une violence telle, qu’ils ont parfois constitué des harcèlements amenant jusqu’au suicide et cela, souvent, chez de jeunes adolescents.

le troll pollue les forums internet

La bataille des mots, … une nouvelle façon de combattre? de s’affirmer, de dominer?  Peut être aussi un apprentissage à refaire à l’heure ou les codes et outils changent? Cette culture en construction est elle abordée à l’école? En tout cas moi, qui apprend Internet après avoir fini mes études, (… ou presque) je découvre tout cela!

J’ai appris qu’il y avait des jeux qui consistaient à alimenter les forums en sujets polémiques. Le trolling! Celui qui trolle peut être conscient ou non de le faire mais son intervention consiste à raviver des polémiques, dont les thèmes sont facilement sensibles. Son action engendrera immanquablement des réponses aussi vivement opposées. Je comprends mieux maintenant, la satisfaction, que certains doivent obtenir, en manipulant ainsi l’émotion et l’expression de l’autre. Ceci m’explique parfois les fils de commentaires absurdes et répétitifs sur des articles d’actualité. Je trouvais ce genre de débat stérile mais aujourd’hui , je sais que ce sont parfois des constructions volontaires qui entretiennent une fréquentations aux forums.

J’ai appris aussi que la meilleure réponse à ce genre de vomissure verbale; c’est de « plonker »… c’est à dire blacklister. Les conseils des sites spécialisés dans l’Internet, sont de ne pas nourrir les trolls! Répondre alimente son discours. Le répondant court également le risque de devenir lui même Troll.

…. Ne vous laissez plus piéger!

 

 

 

 

 

Mémoire? quand tu me fais faux bond… et si c’était le stress?

Mémoire? quand tu me fais faux bond… et si c’était le stress?

 

 

Mais ou ai-je mis mes clés?

Je suis prête à partir au boulot et il ne me manque plus que la clé pour quitter la maison…et c’est l’heure, je suis pressée!

C’est un moment de panique que, l’un ou l’autre de vous a peut être connu?

Mais voici que je les retrouve …sur la machine à laver?

Ces petits épisodes ont de quoi nous inquiéter, mes enfants, mon mari me regardent bizarrement. Après quelques récidives mes faits et gestes vont être scrutés. Les remarques se font impitoyables. « Mais maman, cela tu me l’as déjà dit… » « Ça devient grave… faut te faire soigner! »

Merci les enfants…moi aussi je suis inquiète, j’avais bien remarqué, mais votre insistance m’alerte. Je me suis donc engagée en recherche d’une confirmation médicale. Mon médecin traitant est mon premier confident sur le sujet. En me consultant, elle comprend mes inquiétudes, me confirme que c’est important d’établir un bilan objectif . Et peut être finalement, se rassurer pense t-elle… La fatigue d’une charge de travail professionnelle importante, des troubles du sommeil, des soucis personnels …peuvent aussi être en cause. Bon alors pour en avoir le cœur net, pas simple. Vers qui me tourner? un neurologue? 6 mois d’attente dans les cabinets alentours.

Une psychologue, pourquoi pas? rendez vous pris.

Je choisis de m’adresser à une professionnelle qui pratique l’hypnothérapie, en me disant que, après avoir établi un bilan, elle pourrait m’aider à la gestion du stress et au lâcher prise.

Première consultation; 2 mois plus tard, quand même. Là; déception, pas la bonne adresse pour un bilan.. il faut aller voir un neurologue, et en plus pas de possible de se poser, fermer les yeux et se réveiller avec le cerveau à l’endroit! L’hypnose…ce n’est pas accessible comme cela et c’est la psychologue qui en décidera.

Dommage… je suis déçue. Cependant, j’apprécie l’écoute et l’échange plutôt rassurant. La charge de travail professionnelle, les stress liés aux événements familiaux , peuvent être tout à fait être en cause de troubles de mémoire.

Au cours de ce rendez vous, mine de rien, les évocations s’enchainent, non la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Je prends la mesure des obstacles, contrariétés que chaque jour peut apporter.

 

Il n’est pas dans mon naturel de gémir, j’ai plutôt l’habitude de relativiser. En effet l’actualité présente des évènements tellement graves, qu’il ne me semble pas autorisé de me plaindre de mes petites misères quotidiennes. J’ai même au contraire l’impression que je dois savoir relever tout ce qui est bon dans mes journées et passer l’éponge sur le reste.

Maud , la psychologue qui m’accompagne dans ces séances, m’explique au cours de ce rendez vous le poids des processus de défense et leur influence sur la mémoire. Mettre de coté les évènements négatifs, les refouler c’est consommer de l’énergie psychique, cela engendre de la fatigue et des troubles de mémoire. Nos séances me permettront d’exprimer les difficultés traversées et au fur et à mesure déposer auprès d’elle les soucis quotidiens… Finalement, quand je fais l’inventaire, il y en avait sous le couvercle!

Quelques rendez vous m’ont permis de cheminer, faire le point et prendre des décisions importantes. J’ai pu bilanter ma mémoire, tests réussis,  finir par réaliser quelques séances d’hypnose et reprendre confiance.

A ce jour, j’ai quitté mon poste pour m’engager dans un chemin de formation ou je peux tester l’habilité retrouvée de ma mémoire, mon analyse, ma logique. C’est un plaisir de faire fonctionner jusqu’à ses limites mon cerveau!

En écrivant ces lignes j’aimerai encourager chaque personne, qui peut vivre des instants de doute, à faire le pas, pour demander de l’aide. J’avais peur de tomber dans un pathologisme et ai hésité à m’orienter vers un professionnel de santé. Comme si, demander de l’aide, était reconnaitre et faire exister une difficulté.

A ce jour je suis heureuse de la mise en garde de mon entourage qui, en tirant une sonnette d’alarme m’a permis de consulter. Non … la perte de ses clés avant de partir n’est pas toujours le début de la maladie d’Alzheimer!

 

 

 

Connaissez vous le syndrome du nid vide?… ou quand les enfants partent!

 

La première fois que j’ai entendu parler de ces symptômes; c’est de la bouche de mon amie Evelyne. Jamais dans mes études ce syndrome n’avait été évoqué, je ne l’avais lu dans aucun article de journal. Pas d’échanges familial non plus sur le sujet autour d’une table un dimanche??

Est ce que je suis passée à coté de cette connaissance parce que je ne l’ai pas cherchée, je n’avais pas les bonnes sources? ou bien parce que le sujet est encore peu connu et peut être un peu tabou?

Pour faire suite à mon sujet précédent, sur notre cheminement de parents, je remarque qu’il y a du nouveau dans notre façon de nous engager dans notre rôle d’éducateur. Entre Laurence Pernoud, qui était dans la bibliothèque de ma maman et Françoise Dolto, qui était sur mes étagères… on était passé de la découverte « hygiénique » de la parentalité à une dimension plus psychologique. Les années 68 sont passées par là, l’éducation sexuelle à l’école permet aux jeunes femmes d’avoir des connaissances sur leur corps et la maternité, et de passer à d’autres étapes..

Faire grandir un enfant épanoui qui deviendra un adulte responsable et équilibré, succède aux préoccupations de nos parents, de faire naitre et élever un enfant en bonne santé.

Cependant dans cette quête, nous avons été nombreux à nous engager sans mesure.

J’ai participé, avec beaucoup d’autres, aux associations de parents d’élèves, sou des écoles, accompagné des sorties bibliothèques, ludothèque, nature… Organisé des anniversaires, des chasse aux trésors, et des jeux de pistes…  Pas de question à se poser , le programme se faisait seul, courses, cuisine, ménage, loisirs partagés, suivi des activités…

Sans compter le suivi de orthophonie, orthodontie, allergologues et soins divers…

Il n’y a pas de trous dans le planning mais plutôt du surbooking. C’est, comme si, l’exigence des besoins à combler nous portait. Certes, avec un peu, voire beaucoup de fatigue parfois, mais dans une évidence de l’action.

Puis tout doucement notre organisation a évoluée; alors que tout d’abord, nous, parents, organisions les activités des enfants, les années collège passent un relais. C’est eux alors qui prennent souvent l’initiative du tempo avec invitations, exposés à faire et sorties à leur demande… jusqu’à la conduite accompagnée! Nous étions devenus copilotes!

 

En 2015, enfin de pilote à copilote, je me suis retrouvée finalement sans projet de voyage… les enfants ont pris leur envol et là ; plus de GPS, tout d’un coup , un trou!

J’avais entendu parler du syndrome du nid vide, par mes amies, passées devant moi par cette étape. Je la vivais alors. Au départ de mes enfants, j’ai tout d’abord eu une période d’attente. Ils passeront peut être aujourd’hui? et s’ils venaient manger? ou poser leur linge…Je n’ose m’engager dans rien , je n’y pense même pas. C’est comme un mode stand by. Finalement, une panière de linge à ranger, c’est encore un peu de leur présence qui envahit la maison. Les périodes sans visites, c’est tellement étrange d’observer l’ordre persistant de la maison?

Je ressens alors parfois un sentiment étrange, comme une vague allant et venant , de la mélancolie à la joie de la liberté, du sentiment d’être désemparé au tourbillon de projets enfin envisageables…

Après ces quelques remous… j’entreprends aujourd’hui une transformation personnelle! Penser à moi sans culpabilité, redonner une priorité au couple, changer de métier, apprendre de nouvelles choses… sont des plaisirs nouveaux que je savoure.

 

 

Nos enfants nous font grandir.

Aujourd’hui, me voilà avec des libertés nouvelles et naturellement, alors que mes enfants débutent leur vie d’adulte, il m’arrive de regarder un peu le rétroviseur.

Maman de trois enfants et travaillant à temps plein j’ai durant des années eu une vie remplie de contraintes, qui guidaient mes journées. Ce constat n’est pas une plainte; pour moi cela a été de très belles années.

Chaque évolution est arrivée dans une période propice. Jeune couple, nous avons eu la chance de pouvoir décider de la venue de nos enfants. Nous avons pris le temps de voyager et de nous amuser. Nous avons ensuite décidé de construire notre « nid », acheté un petit appartement et préparé une chambre d’enfant. J’ai lu Dolto et me suis préparée à être une maman avertie. J’ai suivi les principes qui, j’avais l’impression, me permettraient de bien réussir l’accompagnement vers l’épanouissement de notre progéniture.

Je mesure la nouveauté du regard que notre génération a porté sur la parentalité, choisie, apprise, parlée, éveillée…

Fille de la génération 68, j’ai appliqué les principes que j’avais lus; aimer, dire et parler cet amour pour nos enfants, ne pas interdire, faire comprendre, expliquer… peut être sans juste mesure?

Cela a d’autant plus été facile, que le regard d’un nouveau né, puis du petit enfant sur sa maman représente une « validation » exceptionnelle. Si je parle de validation, c’est en référence au concept de Naomie Feil que j’ai découvert dans mon métier, auprès des personnes âgées. Non que je veuille me l’approprier …car ce concept est développé dans le cadre la marque déposée « humanitude », mais par similitude. Car, je me rends compte avec le recul, que c’est le regard de reconnaissance du tout petit pour les soins apportés, les grâces qu’il nous renvoie qui nous inscrit, parents, dans notre rôle. Avoir autant d’importance pour quelqu’un est une expérience exceptionnelle, qui nous permet de nous sentir important aux yeux de quelqu’un. C’est un sentiment fort et constructeur de l’estime de soi.

Néanmoins ce sentiment va être bousculé ensuite par les turbulences de l’éducation, les difficultés d’endormissement, les troubles digestifs, reflux, ou coliques, les dents puis aux deux ans lorsque surviennent les caprices! Là ma petite fille, la plus éveillée, la plus sociable, la plus dégourdie, la plus coquine m’a montré qu’elle était une enfant, comme les autres, ou presque… C’est à dire qu’elle avait aussi besoin de cadre, de limites. Je réalise aujourd’hui que c’est elle qui m’a conduit à avoir un regard d’accompagnement bienveillant mais cadrant, de passer du parent gâteux et au parent responsable.

Alors avec le recul; je conclus aujourd’hui que chaque étape a un sens, ou du moins a eu du sens dans notre vie de famille. Autant que nous aidons nos enfants à grandir, ils nous permettent d’évoluer et nous partageons ainsi un chemin de croissance mutuelle.

Les étapes d’adolescence, de même, avec la libération progressive des interdits et l’autonomisation des jeunes, accepter la prise de risque, donner la confiance… Sans arrêt, nos enfants nous requestionnent dans notre posture. On peut le vivre dans l’inconfort, cela peut être source de grandes inquiétudes et de situations conflictuelles …..

Mais au final j’en retiens qu’il s’agit toujours d’un chemin de croissance, si on accepte de réfléchir à son positionnement et réadapter ses relations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est le printemps dans ma tête!

C’est le printemps dans ma tête!!

Mon cerveau bourgeonne de projets, d’envies, de curiosité…..

et si la cinquantaine c’était un deuxième printemps?

Je me sens libre de faire les choix qui me plaisent.

Alors qu’en période d’orientation professionnelle je ne pouvais envisager que de m’investir dans un métier ou « je puisse être utile » à ce jour je me rends compte que cela a crée une confusion et une insatisfaction.

En effet le milieu hospitalier,dans lequel je travaille, a développé un modèle économique d’entreprise, avec la rémunération à l’activité qui ne permet pas toujours d’être satisfait du service rendu.

La prise en charge de patients de plus en plus en souffrance, dans une société malade de solitude, de perte d’espoir, de dépendance, de misère sociale… crée une fidélisation négative des personnes prises en charge. On voit en effet revenir régulièrement les mêmes personnes pour lesquelles l’hôpital n’a pu être qu’un souffle d’air dans les problématiques de conjugopathies, burn out, addiction… Pour le personnel soignant cela génère un sentiment d’échec.

Conjugué aux exigences de rentabilité et aux contraintes budgétaires mon engagement professionnel avait perdu son sens.

Et si finalement rendre service relevait de ma posture privée?

Qu’enfin je mette mon travail à sa juste place? Un emploi, un gagne pain, une occupation socialement utile, certes, mais en me libérant de l’exigence de l’aide à l’autre en tant qu’individu. Après tout, il y a tant de lieu pour être utile quand on dispose de temps; aide au devoirs, associations….

et enfin cela n’empêche pas le travail d’être un espace de réalisation, de création, de découverte?

Il m’a fallu deux ans pour faire cheminer ces idées. Également des circonstances conjointes; comme le départ de collègues chères qui constituaient un support et avec lesquelles je trouvais, en équipe, un lieu de relations humaines véridiques, chaleureuses, bienveillantes…

Le départ, également, de mes enfants qui bouscule les repères et le sens que l’on donne au travail ( nourricier) Ce départ, qui avant d’être espace de liberté,  m’a laissé un temps désemparé! et m’a donné à gouter au « syndrome du nid vide ».

Ah, j’en avais bien entendu parler mais je me pensais préservée car plutôt d’une nature épicurienne, qui savais positiver… et bien , non , je n’ai pas été épargnée. J’ai vécu un certain blues, comme si je me mettais en position de veille. Une attente… qu’ils reviennent? ce dimanche, ce soir? qu’ils passent chercher une lessive ou aient besoin de la voiture?

Mais le temps, mon mari que j’ai pu retrouver différemment, et l’aide que mon entourage a su m’apporter, m’ont aidés.

J’ai découvert que ces départs donnent aussi du temps libre! Ce temps libre qui permet le travail d’élaboration de la pensée, la reprise d’activités oubliées comme la lecture, le cinéma des sorties. S’autoriser à prioriser son plaisir et ses envies. Je l’avais oublié.

Aujourd’hui j’ai fait ma rentrée scolaire dans le cadre d’un congé de formation professionnelle en formation d’adulte et j’ai la tête pleine de ces nouvelles ouvertures. Heureuse de découvrir et d’apprendre encore.

Je suis heureuse… et c’est le printemps dans ma tête!

 

 

 

 

 

 

Attendre, ou notre relation au temps qui passe!

Aujourd’hui c’est la fête du pain! Une tradition qui aurait environ 20 ans à Coublevie.

  • Apprendre à faire son pain avec un professeur de boulangerie passionné et passionnant,  qui connait tout sur le levain, les levures, ces petits champignons; cette vie, qui développe la vie,
  • Réaliser deux pains; un que l’on amène à la maison, un qui sera vendu au profit d’une association.

Voilà les objectifs de cette journée de partage.

Cela fait deux ans que je n’y suis pas venue.

J’ai perdu les repères et m’engage à faire le ménage des tables…

J’ai oublié que la pâte doit lever puis être refaçonnée. Inutile et même contrindiqué, donc de nettoyer les tables.

Attendre; être patient, laisser du temps au temps; laisser le temps faire son œuvre. Je me rends compte que l’on ne sait plus attendre.

Je n’aime pas attendre. Depuis quand au fait?

Je pense, d’ailleurs, que c’est pour cela que j’arrive tout le temps en retard. ..

Car si je suis en avance, je dois attendre.

 

 

Mais la vie est une permanente attente si l’on n’y réfléchit bien;

  • attendre le printemps pour faire ses semis et attendre la maturité du fruit pour faire sa récolte
  • attendre d’avoir la majorité pour pouvoir conduire.

Comme c’est frustrant d’attendre, et comme cela devient de plus en plus rare dans notre société ou l’instantané est de rigueur;

  • vivre en live les évènements
  • avoir envie, commander, recevoir sous 24h,
  • zapper, revoir en replay
  • avoir une question, ouvrir google , avoir la réponse…

Même moi, qui apprécie tant le cycle des saisons, qui aime attendre les cerises et me réjouis d’une première jonquille .. attendue 11 mois!

…..j’ai du mal à supporter de savoir si proche la réponse à une question sans prendre mon portable pour faire une recherche internet, peu importe si la question est futile.

Si aujourd’hui on devait réinventer la privation ; ce serait l’abstinence d’internet, à la télécommande ou autre instrument de la satisfaction rapide du désir qui représenterait le plus de sacrifice consenti!

 

 

De l’amande à la pomme! petite chronique politique.

Hier au soir nous papotions des prochaines élections avec des amis autour d’une table, après quelques verres; une occupation qui doit être courante actuellement dans les salles à manger et bistrots de France…

Comme nous échangions sur les chances de chaque candidat et leur handicaps respectifs; la question suivante me vient en tête « mais qui est la femme de Macron? »

Aussitôt Google est sur la table et nous répond! Nouvelle pratique, là aussi, comme c’est grisant de trouver immédiatement réponse à tout!

Bon, son épouse était sa prof de théâtre. Alors ça! voilà un homme qui ne suit pas les sentiers battus. Littéraire, un DEA de philo; c’est peut être pas mal pour avoir un peu de recul et prendre des décisions avec mesure. et puis épouser sa prof… ce n’est pas conformiste.

Ensuite je me suis dit; enfin peu importe; ça n’a aucune importance. Il fait bien ce qu’il veut, sa vie privée n’a rien à faire dans le débat.

Du coup , je me demandais ce qui m’avais fait venir cette question. Et au final, je me suis demandée si je n’avais pas cherché un point faible?

Car si l’on observe ce qui a fait basculer un certain nombre de politiques; cela a été Pénélope, Monica, ou bien une femme de chambre du sofitel…

Georges Brassens chante la femme est l’avenir de l’homme… alors que la bible parlait déjà d’Adam et Eve!

Moi qui suis plutôt féministe… cela me contrarie de faire ce constat. Si la femme est un danger pour l’homme, alors!

Je poursuis ma réflexion, et Cahuzac, Rachida Dati, Marine le Pen…Ah oui il y a aussi l’argent qui peut être parfois en cause.

Ouf , Même si l’histoire commence avec la pomme d’Eve; les femmes ne sont pas la cause de tous les maux… quand même!