Le jour ou les oiseaux ne réveilleront plus Lisa…

Avez vous entendu parler de la collapsologie?

Biodiversité… tu quittes aussi mon jardin!

Nous habitons un joli coin, entre campagne et ville. Ce petit nid que nous avons choisi en friche, puis chaque jour amélioré, est devenu une maison confortable en bordure de bois et de vergers.

Lorsque nous sommes arrivés au milieu des orties, nous nous sommes battus contre cette luxuriante et envahissante végétation. Nous l’avons domptée. Après ma rencontre avec la permaculture, je laisse un peu le sauvage revenir dans mon jardin. Les plantes se ressèment. Je laisse un bouquet d’ortie proliférer près du cabanon de jardin et les pissenlits sont mes amis, si bonnes sont leurs racines en tisane!

Espace préservé de mon jardin?
Fragile nature!

Nous avons cependant lutté aussi contre les oiseaux qui habitaient nombreux sous nos chenaux à notre arrivée. A tel point que leurs pépiements de printemps faisaient grogner nos enfants, réveillés le matin par l’ardeur de leurs chants. N’est ce pas Lisa?

Aujourd’hui dans ma démarche de réappropriation de la vie sauvage au jardin, j’invite à nouveau les oiseaux à s’approcher. Les tournesols de l’été m’ont donné des graines dont j’alimente la mangeoire. Cependant, c’est parfois le silence du matin qui, moi, me réveille. Ou plutôt ce silence attire mon attention par son aspect inquiétant. 2 moineaux et 2 mésanges viennent furtivement picorer dans notre mangeoire, mais je ne vois plus les rouge gorges ou les queues rousse.

De l’observation de la nature à la découverte littéraire de la collapsologie

Ce silence vient se confronter avec mes découvertes de lectures. La conférence à Voiron, puis la lecture de Julien Vidal m’accompagnent vers Pablo Servigne. Je découvre les mots qui se posent peu à peu sur l’évolution observée de notre monde: « collapsologie » entre dans mon vocabulaire. Je regarde d’abord les vidéos de la web série next, puis approche le café collaps Grenoblois à travers la conférence du philosophe Dominique Bourg. Là, je suis comme le malade qui attribuait à la fatigue le tremblement de sa main, et qui comprend, lorsque sa tumeur au cerveau est diagnostiquée, que les symptômes qui étaient sous ses yeux lui parlaient déjà de ce qu’il ne voulait pas voir.

A ce jour, ma conviction est acquise que notre mode de vie, basé sur la consommation de ressources dont la quantité est limitée, va se heurter aux limites de la finitude de nos richesses naturelles. Ces richesses, nous les épuisons et les recherchons dans leur moindre cachette, au plus profond des océans, dans les plus hautes latitudes, au en fracturant les veines de la roche. Cette traque, toujours plus couteuse, semble ne pas avoir de limites tant nos technologies deviennent de plus en plus performantes à aller plus profond, de plus en plus extrême…

la recherche des ressources est de plus en plus techniquement complexe et dangereuse pour le milieu naturel
Jusqu’où ira t-on dans notre recherche des énergies nécessaire au mode de vie actuel?

La fin du monde a toujours été plus ou moins envisagée. Les gaulois y pensaient en entendant gronder le tonnerre, mais les premières machines à vapeur ou plus près de nous les centrales nucléaires ont évoqué également ces peurs… Chacun se défend, avec ses armes, de cette angoissante prévision. Cela peut être par le déni ou la moquerie. Comment aujourd’hui, ne pas se dire que le discours alarmiste des climatologues n’est pas encore de la même veine. Enfin plutôt que de parler de fin du monde, c’est plutôt la fin d’un mode de vie, d’une civilisation du « toujours plus » auquel, il me semble, nos enfants seront confrontés.

Rechauffement et dérèglements climatiques sont aujourd'hui une évidence
La planète est en surchauffe!

Changer mes habitudes, est plutôt un chemin de reconquête plaisant et aisé pour moi

La disponibilité dont je dispose aujourd’hui m’a permis de prendre le temps de lire, réfléchir, participer à des conférences… Forte de convictions nouvelles, voilà déjà plusieurs années que doucement de nouvelles habitudes se mettent en place dans mon mode de vie.

Le départ des enfants, avec une logistique des courses et cuisine qui s’allège me donne aussi une liberté de choix dans les fournitures alimentaires.

Mon environnement encore est favorable au changement, un petit bout de jardin, une ville proche de campagnes et donc de producteurs locaux, mais également une tendance commerciale qui met à notre disposition de nouveaux concepts; magasin vrac, coopératives bio, et le magnifique marché de Voiron! Voilà de quoi faire des courses, se nourrir et même faire le ménage et prendre soin de soi avec des produits simples, et peu impactant pour la planète.

Changer nos pratiques de consommation.
D’autres modes de vie sont possibles!

Mais ma goutte d’eau ne tombe t-elle pas à coté du foyer d’un incendie qui se serait déplacé?

Ce qui me soucie , c’est cependant qu’aujourd’hui les combats sont surement ailleurs. Les empreintes carbone de nos habitudes de vie ne sont plus, tant dans la nourriture, que dans nos technologies. Voilà 15 ans déjà que nous sommes passés, dans la famille, d’un téléphone filaire à 5 téléphones portables, un PC, 2 tablettes, 2 ordinateurs portables.

Je découvre enfin à la lecture de Jeremy Pichon que nos banques qui gèrent notre argent, dans les choix de placement sont aussi responsables de soutenir des entreprises polluantes…

Je me demande donc si nous n’aurons pas de toute façon un train de retard dans la lutte contre les dégâts que nous infligeons à la planète.

Agir? oui mais à temps...
Un train de retard?

Enfin comment demander aux autres de me suivre dans ces changements?

S’il m’est aisé de comprendre et de modifier mon comportement, mes habitudes… il n’est pas aisé de convaincre autour de moi mes proches de me suivre dans cet engagement. J’ai aimé, être à la mode, faire du shopping, j’ai aimé manger du Nutella, des frites et des hamburgers avec les doigts chez MacDo et avoir du choix dans les rayons du supermarché. J’ai apprécié la joie de mes enfants découvrant le cadeau de la boite repas… Si aujourd’hui, je saisis en quoi ces choix de vie participent à des systèmes auxquels je n’adhère pas, de quel droit l’imposerais-je à d’autres?

Pire encore, comment blâmer les populations des pays émergents qui découvrent cette société de consommation avec ravissement. Le marketing est très fort et habille de couleurs toniques et d’images magiques les emballages des produits. Et la pollution subie par ces pays est également souvent en lien avec la production de biens, consommés chez nous! Interdire aux chinois l’accès à la voiture? à l’introduction dans leur alimentation de la cote de bœuf?

Notre société du toujours plus nous conduit à l'incendie.
Notre société du toujours plus nous conduit à l’incendie!

Croire que les crises sont un creuset du ressort humain

Je n’ai pas de réponses et beaucoup de questions. Cependant, ce qui me fait du bien, c’est de prendre la mesure de la prise de conscience des citoyens qui m’entourent.

Beaucoup de gens très engagés ont modifiés radicalement leurs modes de vie. Beaucoup d’initiatives solidaires, participatives naissent pour le partage de matériel, pour le compost collectif, pour le recyclage…

Mon espoir est là; toute crise génère la stimulation de comportements résilients. J’ai espoir que ces mouvements permettent de retrouver des comportements solidaires.

A mon sens, ceux qui en prévision des difficultés envisageables, se préparent à survivre, créent des bunkers, font des réserves de provision…se trompent! Je ne crois qu’en la renaissance de nouvelles solidarités et la recréation de liens humains à distance du virtuel. Remplacer le réseau social internet par la renaissance de liens d’homme à homme pour inventer et construire ensemble de nouvelles solutions respectueuses de l’avenir de la planète.

Pas de salut sans agir ensemble
Pas de salut sans agir ensemble

Pour en savoir plus sur la collapsologie:

Le portail de la collapsologie: http://www.collapsologie.fr/

Sur YouTube, la websérie Next: https://www.youtube.com/watch?v=ImGLPH3eIdE&feature=youtu.be

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